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7DimancheParu dans 7Dimanche · 6 septembre 2026 · BelgiqueLire l'article original

Un devis sous haute surveillance

Surfacturation, entreprise fragile ou erreurs techniques : derrière un devis rassurant peuvent se cacher de sérieux problèmes. ECV utilise l'intelligence artificielle pour les détecter avant la signature.

Rénover une toiture, transformer une maison ou aménager un commerce représente souvent plusieurs dizaines de milliers d'euros. Mais que sait-on réellement de l'entreprise à laquelle on s'apprête à les confier ? Solidité financière, assurances, garanties, fiabilité technique : le prix affiché sur le devis ne dit pas tout.

C'est pour combler cette lacune qu'a été créée ECV, pour Euro Construct Verify, développée par Wolfgang Sievert et son associé Christian Vicente, System Engineer et Lead AI & Algorithm Architect, en collaboration avec un cabinet d'avocats spécialisé. Après deux ans et demi de développement, l'application permet de photographier un devis ou d'en télécharger le PDF pour obtenir une analyse en quelques instants.

« Les gens pensent généralement que le devis est juste une question de prix. Or, pour un particulier, les travaux représentent parfois le projet d'une vie », souligne Wolfgang Sievert, fondateur d'ECV et conseiller auprès des entreprises et particuliers depuis plus de trente ans. L'application online sur www.ecvcheck.com sera bientôt disponible sur l'Apple Store et Google Play.

Un devis passé au crible

Une fois le document envoyé, l'intelligence artificielle en extrait les informations, ensuite confrontées à des centaines de sources. Quatre modèles d'IA interviennent afin de limiter les erreurs. Prix hors marché, quantités excessives, doubles facturations, travaux oubliés, clauses défavorables, garantie décennale ou compatibilité des matériaux : de nombreux paramètres sont contrôlés. L'utilisateur reçoit ensuite un rapport assorti d'un indicateur de fiabilité allant du rouge au vert. « Vous prenez le devis en photo et, dans les trente secondes, vous obtenez une réponse », résume Wolfgang Sievert.

Selon ECV, 80 % des devis analysés présentent au moins un problème : assurance ou garantie manquante, mauvaise fiabilité financière, quantités imprécises, conditions générales problématiques ou insuffisances techniques. Et 60 % comporteraient des problèmes importants. L'objectif n'est pas systématiquement de déconseiller l'entreprise, mais d'identifier les points à éclaircir avant de signer.

Quand un détail change tout

Wolfgang Sievert cite le cas d'un client espagnol qui souhaitait installer un restaurant dans un immeuble récemment acquis. Parmi cinq offres de climatisation, il choisit la moins chère, proposée par une entreprise apparemment sérieuse. L'analyse révèle cependant que, pour maintenir son prix, l'installateur comptait réutiliser une tuyauterie datant d'avant 2004-2005. Or, les gaz utilisés aujourd'hui étant différents, cette ancienne installation risquait de ne plus être suffisamment étanche.

« Sans adaptation, cela aurait pu devenir catastrophique. Imaginez devoir refaire des travaux dans un restaurant qui vient d'ouvrir, avec le manque à gagner que cela entraîne. » Alerté, le client est retourné vers l'installateur, qui a adapté l'installation tout en maintenant son prix.

Autre cas : celui d'une société se présentant comme belge, avec un siège social en Flandre. L'analyse a fait apparaître plusieurs signaux préoccupants concernant sa structure et sa capacité financière. Le client a finalement renoncé au contrat et choisi une entreprise bruxelloise pour un montant inférieur de moitié. Quelque 80.000 euros étaient initialement en jeu.

Vérifier aussi l'entreprise

Le devis n'est pas tout. La solidité de l'entrepreneur constitue un autre élément essentiel. « J'ai vu des sociétés et des particuliers se ruiner, devoir continuer à rembourser un crédit pour des travaux inachevés et emprunter à nouveau pour les recommencer », explique Wolfgang Sievert.

Les acomptes particulièrement élevés doivent notamment inciter à la prudence. Ils peuvent signaler une trésorerie fragile ou une entreprise qui sous-traite une grande partie de ses chantiers. Pour le particulier, qui ne sait généralement pas où trouver ni comment interpréter ces données, ECV les traduit en un indicateur simple. « On lui dit en quelque sorte : allez-y ou n'y allez pas. » Pour les professionnels ou institutionnels, l'analyse peut être plus détaillée et signaler certaines anomalies administratives ou fiscales.

Quelques euros pour éviter le pire

Les particuliers constituent le principal public d'ECV, mais architectes, experts et agents immobiliers représenteraient déjà environ 13 % des analyses. À terme, ses fondateurs souhaitent développer un label de confiance destiné aux entreprises du bâtiment et collaborer avec des assureurs et des institutions.

Le principe reste simple : vérifier avant de signer plutôt que découvrir les problèmes une fois le chantier commencé. Une analyse coûte 15 euros, contre 29,90 euros pour trois et 50 euros pour six. Une dépense modeste lorsqu'un devis peut engager plusieurs dizaines de milliers d'euros. L'objectif : donner au particulier, avant l'acompte et le premier coup de marteau, des informations auxquelles il avait jusqu'ici difficilement accès.

Toutes les informations relatives à ECV, ainsi que les coordonnées de la société, sont disponibles sur ecvcheck.com et waterproofeurope.eu.

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Paru dans 7Dimanche · 6 septembre 2026 · Belgique

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